#Service Civique #2 | Lier communication & environnement

Une jeune, toute jeune expérience au service de l'intérêt général, de la ville, des habitants, de l'évolution des politiques, des pratiques... Tant dans leur lien au territoire qu'au tissu associatif, les services civiques prennent des initiatives au quotidien pour l'intérêt général. Dix urbanistes, architectes, géographes et pros de l'environnement ont plongé, ou replongé dans leur expérience de service civique.

Et si à présent, on parlait communication & environnement, via le service civique ?

Le #2 de nos entretiens dévoile le témoignage de Laurène Agat, communicante ayant trouvé sa voie via un service civique pour la Ligue de Protection des Oiseaux (LPO) du Rhône. On y retrouve aussi le retour d'expérience de Tanguy Petit, jeune urbaniste qui s'est engagé, avec beaucoup d'investissement, auprès de l'association '.Pignon sur rue', alias la Maison du Vélo de Lyon. 

Laurene Agat _ photo de profil _ servicecivique

Laurène Agat

Communicante à l'agence Recto Verso, en service civique à la Ligue de Protection des Oiseaux (LPO) du Rhône

(fédération départementale de la LPO, grande association française de protection de la nature et de la biodiversité)

Tanguy Petit #ServiceCivique

Tanguy Petit

Urbaniste, en service civique chez 'Pignon sur Rue', la Maison du Vélo et des modes actifs de Lyon Métropole

 (association de promotion du vélo et des alternatives de déplacements et de mobilités à Lyon Métropole)

A l'origine, qu'est-ce qui t'a amenée à te lancer dans un service civique ?

A la base, je ne connaissais pas le service civique, si ce n'est vaguement de par l'intervention, à la Faculté de Langues - où j'étudiais - d'associations telles que Unis-Cité, par exemple.

En fait, c'est ma conseillère emploi à la Mission Locale Jeunes qui m'a orientée vers ce contrat basé sur le volontariat au service de l'intérêt général. Elle m'a proposé ce type de contrat, selon mon profil et mes compétences, pour m'offrir une opportunité de me faire ma place dans le secteur de la communication où les opportunités, à moins de les provoquer, sont rares.

 

C'est surtout une convergence de plusieurs facteurs en réalité.

Tout d'abord, une envie depuis quelques années de pouvoir donner du temps dans une association que je ne connais pas, d'une manière différente de la position d'élu. J'ai été plusieurs fois membre de conseil d'administration, dans les domaines artistiques (Folk des Terres Froides) et environnemental (Loisirs-Montagne). En tant que membre élu d'associations, j'aurais aimé pouvoir donner du temps "salarié". A cela s'ajoute le fait que mon contrat d'alternance se terminait au moment où une offre de service civique apparaissait dans un domaine qui m'était cher. Les transports.

 

Au fil de tes recherches, comment en es-tu venue à te lancer dans ce service civique en particulier ?

Pour débuter mes recherches, je me suis simplement rendue sur le site Internet officiel du Service Civique qui est assez ludique et intuitif. En effet, on peut retrouver sur cette plateforme toutes les informations sur le service civique : pour qui ? Quoi ? Comment ? Où ? Combien de temps ? etc.

J'ai donc postulé à de nombreuses offres, dans le secteur associatif, le plus courant pour ce type de contrat. Je souhaitais travailler dans le secteur environnemental que je ne connaissais pas. J'ai choisi ce domaine car je voulais simplement découvrir la nature autre que simple inspiration d'un mode de vie, autre que ce que l'on peut parfois voir à la télévision. C'était assez flou pour moi et vaste. L'environnement et la communication sont étroitement liés ou associés dans le sens où il est essentiel d'informer et de sensibiliser les personnes et les institutions. Je pense qu'il n'y a pas de choix radical à faire entre ces deux domaines puisque la communication est avant tout un outil et il faut seulement s'en servir à bon escient.

Suite à la parution de l'annonce de la LPO Rhône (Ligue pour la Protection des Oiseaux du Rhône) pour un service civique en communication, j'ai envoyé ma candidature. Je me suis rendue à l'entretien et l'aventure a commencé en mai 2014 pour 8 mois.

La structure, la thématique et la localisation ont été des facteurs importants. Je ne regardais que des offres tournant autour de la mobilité sur Lyon / Grenoble / Chambéry et leurs périphéries plus ou moins proches.

C'est une chance que d'avoir trouvé exactement le genre de mission qui m'intéresse dans un lieu et une structure qui me conviennent.

 

Ton service civique, en quelques mots ou paragraphes ?

Lors de ce service civique, mes objectifs étaient d'augmenter le nombre d'adhérents et de bénévoles en travaillant en binôme avec une salariée, en charge de la vie associative. Mes tâches n'étaient donc pas limitées car j'avais pour mission de communiquer et promouvoir les activités de l'association sur tout type de supports (digital et papier). J'ai donc pu utiliser divers logiciels comme Publisher car les logiciels de PAO n'étaient pas à ma portée au vu de ma formation initiale. J'ai également participé à diverses activités organisées par l'association : sorties Nature, Journées du Patrimoine, Salon Primevère et tant d'autres.

A la suite de ces sorties, ces découvertes et ces rencontres je rédigeais quelques articles pour le journal trimestriel : le "LPO Info " qui relate toutes les activités et nouveautés de l'association. Par la suite, le plus gros de mon travail s'est concentré sur l'événementiel. J'ai eu la chance de participer à l'organisation du séminaire professionnel Biodiv' Bâti voué à promouvoir la construction de bâtiments au sein des écosystèmes. Je participais aux réunions avec La Métropole de Lyon et gérais la partie logistique de cet événement : lancement et relance des invitations, hébergement et accueil des invités (des professionnels qui venaient de la France entière, voire de Suisse). Durant l'événement, j'ai accueilli chaque professionnel avec qui j'avais eu un contact soit par mail soit par téléphone afin d'échanger avec eux, les mettre à l'aise pour que le séminaire se passe au mieux. Nous avons accueilli environ 120 professionnels.

Biodiversité & Bâti_Photographie de l'événement 2015

L'affiche de l'événement 'Biodiversité & Bâti', dont j'ai activement participé à l'organisation lors de mon service civique à la LPO Rhône

Ce Séminaire a été un lieu d'échanges et de partages d'expériences pour des professionnels de tous horizons : architectes, communicants, BTP, etc. Cet événement a été un succès et a donné suite à de nombreux projets sur le long terme.

Ce travail m'a permis de me connaître d'avantage et de gagner confiance en moi. A travers toutes ces actions je me suis peu à peu accomplie et j'ai découvert le fonctionnement associatif avec ses hauts et ses bas.

 

Pignon sur Rue est la Maison du Vélo et des modes doux de la Métropole du Grand Lyon, et c'est là que je travaille depuis septembre.

Ma mission de service civique consiste à animer l'association et son lieu de vie, de soutenir les programmes et de valoriser les actions mises en place par Pignon sur Rue, de développer ce nouveau projet d'association qui anime l'association et son réseau, à devenir et rester une Maison du Vélo qui rayonne sur tout le territoire de la Métropole.

Tanguy Petit #ServiceCivique pour la Maison du Vélo de Lyon

Lorsque 'Pignon sur Rue' a... pignon sur rue !

Dans le cadre de mon service civique, je suis un peu un "couteau-suisse" : je suis censé surtout m'occuper de l'accueil et du lieu de vie de l'association (organisation des soirées thématiques, beaucoup de relations avec les adhérents / visiteurs, ...), mais il me reste pas mal de temps pour que je puisse aider l'association dans de nombreux autres projets.

Je passe beaucoup de temps à m'investir dans l'association, au-delà de ce qu'on me demande, et je trouve que c'est une belle expérience, où finalement mon travail ne se limite pas qu'à un salaire, des horaires et des missions fixes.

Photo tanguy #Service Civique

Lorsque 'Pignon sur Rue' déménage...

Photo Tanguy #Service Civique Lorsque l'association déménage...

Une telle expérience est également faite de rencontres. Quelles ont été les tiennes ? 

Une telle expérience est bien sûr faite de rencontres... J'ai rencontré des personnes passionnées par leurs activités et leurs métiers. Des personnes engagées, qui partagent des valeurs communes : celle notamment de la protection de l'écosystème et celle du plaisir d'initier une certaine prise de conscience auprès du grand public.

L'ambiance au sein de l'association est comparable à l'esprit "start-up" dont on parle aujourd'hui : friendly, ouvert d'esprit, à l'écoute de chacun quelque soit le niveau de la hiérarchie. 

Bien sûr, trois à quatre ans après (cela ne me rajeunit pas), j'ai de bonnes relations avec mes anciens collègues qui sont devenus des amis pour certains et des relations professionnelles pour d'autres.

 

Surtout les salariées de l'association, et les autres services civiques.

Je suis assez proche de certaines personnes que je ne côtoie que depuis quelques mois.

Mais être sur un "poste" d'accueil permet de rencontrer énormément de monde tous les jours.

A la lumière de ton expérience en service civique, quelles sont, à ton avis,  les opportunités qui s'en suivent ?

En quoi ce service civique, t'a-t-il aidé(e), en tant que jeune professionnel(le), à te projeter dans ton avenir ?

J'ai eu un parcours scolaire et professionnel assez particulier. Je suis allée en Faculté de Langues pour rester un an puis en BTS Communication où j'ai effectué un stage en communication de 4 mois à Paris. À mon retour, j'ai démarré ce service civique... Cela m'a tout simplement aidée à me faire ma place au sein du monde du travail : acquérir de l'expérience, gagner en maturité professionnelle, créer mon réseau à l'heure où avoir un réseau est important pour l'avenir. Cela aide à savoir où aller. 

Désormais, je suis commerciale en agence de publicité. Il se trouve que l'agence de communication dans laquelle je travaille a un savoir-faire unique dans le domaine environnemental puisque depuis 12 ans elle travaille avec des collectivités et administrations à but environnemental. Je travaille à Lons-Le-Saunier et la Franche-Comté se trouve être pionnière dans la gestion et le traitement des déchets alors il y a beaucoup d'acteurs locaux qui travaillent avec nous. Mon travail actuel est différent dans mes fonctions et tâches quotidiennes mais quelque part je garde toujours une trace de ce que j'ai fait dans mes postes précédents. Un milieu étroitement lié de par le lien privilégié que je m'applique à entretenir avec chacun de mes clients. En somme, le service civique a été un véritable tremplin dans ma vie personnelle et professionnelle.

Il m'a permis de voir l'autre côté d'une association : celui qui travaille au quotidien et réalise des actions permettant aux services publics (dans le sens institutionnel du terme, ici la Métropole de Lyon) de diversifier leurs engagements, en laissant parfois soin à des associations de participer activement à leurs missions. Je dirais donc que le service civique m'a permis de connaître un nouvel environnement de travail qui me convient parfaitement. De plus, savoir dans quel type de structure on aimerait travailler, sur quels sujets, est réellement apaisant lorsque l'on recherche du travail ou que l'on se projette dans l'avenir.


 

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