Profession(s) : cartographe(s)

Cartographes, géomaticiens : une même vision, mais ni les mêmes ambitions ni les mêmes outils ?

Dans la lignée des précédentes publications sur le blog, on explore les différences entre ces deux professions proches et parfois confondues, de même que les paradoxes qui caractérisent le présent, et l'avenir (plutôt radieux ?) de ces métiers.

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Cartographes, géomaticiens : qui sont-ils ?

Professionnels voire experts de la représentation graphique de certaines réalités des territoires, cartographes et géomaticiens sont principalement appelés en appui des politiques publiques afin de conceptualiser, présenter des éléments de diagnostic par une carte simple portant un message.

La présentation du métier par l'Onisep recèle à mon sens, et pour une fois, d'une relativement bonne présentation de la diversité inhérente aux métiers de "l'image géographique". L'Onisep distingue ainsi avec un certain sens de la concision le cartographe-géographe, « universitaire formé à la géographie humaine (qui) s'intéresse à la cartographie thématique et réalise des cartes sur des sujets précis », du cartographe-topographe, qui est « un scientifique spécialement formé » qui « réalise des représentations de l'espace et des réalités physiques ». Les cartographes sont alors réunis par une même ambition, celle de représenter l'espace et ses réalités concrètes ou abstraites, ainsi qu'une maîtrise de plus en plus essentielle des SIG, les fameux Systèmes d'Informations Géographiques, ayant fait plonger le domaine de la cartographie toujours plus inexorablement dans l'univers interstellaire de l'informatique.
 

Le paradoxe d'une discipline de plus en plus démocratisée

Que l'outil cartographique soit plébiscité ou non par les politiques, la géomatique est un outil de plus en prisé dans bien des domaines, bien au-delà de la sphère des politiques territoriales (et de nos livres de géographie a l'école !). Aujourd'hui, la géomatique s'invite en effet jusque dans nos smartphones. Tout le monde peut, le temps d'un instant, s'improviser expert du territoire et trouver l'information géographique qu'il recherche, que ce soit dans la rue d'à côté ou à l'autre bout de la terre. Même votre ancêtre hi-tech-addict ou votre petit frère de 9 ans qui vous emprunte par moments votre smartphone ou votre tablette. Même si l'image du cartographe a évolué, passant du savant plongé dans sa bibliothèque à cartes à celui d'expert de l'espace presque geek, pas besoin d'être un geek pour optimiser son utilisation de Google Maps en tant que néophyte. Cette démocratisation de l'outil géographique rend l'information spatiale décryptée, analysable par le plus grand nombre, y compris par les urbanistes, par exemple. D'où cette problématique au sein des équipes de projet, notamment dans les collectivités : a-t-on besoin d'un cartographe, ou allons-nous simplement chercher l'information géographique... par nous-mêmes ?

Et pourtant, les géomaticiens semblent avoir un bel avenir devant eux

Paradoxalement, on recrute de plus en plus de géomaticiens, probablement pour concevoir ces outils et modéliser l'espace. La géomatique figure parmi les secteurs les plus porteurs pour l'emploi répertoriés par l'Apec. Géomaticien figure ainsi en 2ème place de la liste des métiers en émergence répertoriés par l'Apec dans la catégorie « étude, recherche et développement » avec l'une des plus fortes progressions du nombre d'offres d'emploi parues. Indéniablement, la cartographie et la géomatique ont un bel avenir.

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