Parcours de stages #6 / Aude Bougeard / Fabrice Wack / Ludovic Lauzeral

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Premier pas dans l'entreprise et dans la pratique de son métier, tout stage est également un premier pas dans l'entame et le choix – anticipé ou pas - de son parcours professionnel.

A travers une série d'entretiens à publier entre janvier et mars, 20 jeunes professionnels - urbanistes, architectes, paysagistes, professionnels de l'environnement ou des transports - livrent leurs impressions sur leur parcours de stages, et les enseignements qu'ils en ont tirés. Tous, pourtant d'horizons, de parcours différents, ont été livrés aux mêmes questions, afin d'en retirer leurs retours d'expériences personnels, leurs entretiens peuvent ainsi être lus de manière croisée afin d'enrichir notre propre connaissance de cette "nouvelle génération" d'urbanistes... et en retirer des enseignements prolixes si l'on fait partie de la prochaine !

De quoi découvrir les impressions et les idées de jeunes urbanistes, de paysagistes, d'architectes, de cartographes et professionnels de l'environnement sur leur métier et leur toute jeune expertise. Aude Bougeard, paysagiste scénographe, Fabrice Wack, architecte-urbaniste-paysagiste expatrié aux Pays-Bas, et Ludovic Lauzeral, urbaniste passé par une expérience de stage au Viêt Nam. 

 

Aude bougeard

Aude BOUGEARD 

paysagiste scénographe

Fabrice wack

Fabrice WACK 

architecte, urbaniste, 

paysagiste

Ludovic lauzeral

 Ludovic LAUZERAL 

urbaniste

Quel a été ton parcours de stages ? Peux-tu nous le présenter ?

Durant mes formations j’ai mis un point d’honneur à réaliser le plus de stages possibles.

Au total, je comptabilise 2 ans de stages. Je voulais me préparer au mieux au monde du travail et faire face au « soi-disant manque d’expérience des jeunes diplômés ».

Mes stages les plus marquants :

  • Agence BASE à Paris - 2 mois Agence Balcoon à Paris - 2 mois
  • Kylemore Abbey en Irlande – 1 mois
  • Primeverts Paysage au Québec - 2 mois.

Alors, je dirai que Fabrice à eu un parcours assez commun en ces débuts et au fil des années un peu plus atypique, bien que classique sur la scène internationale de l'emploi.

Tout a commencé dans le domaine de l'architecture, puis dérivé vers l'urbanisme et tout dernièrement vers le paysage et les espaces publics.

Reprenons du tout début, à la sortie du collège, portant déjà un intérêt à la conception d'espace, j'ai pu m'orienter vers un BTCA, brevet technicien collaborateur d'architecte, qui a été très formateur car abordant les réels aspects de la profession (économie de la construction, techniques du bâtiment et des travaux publics, résistance des matériaux, projets et maquettes, arts appliqués, etc.).

Lors de mon BTCA, j'ai pu effectuer mon tout premier stage de deux mois dans une jeune agence que j'appréciais tout particulièrement. Mon rêve en quelque sorte et à y repenser aujourd'hui, je n'étais qu'un "bébé architecte" et ne pouvais pas y faire grand chose à part des maquettes. Mais une fois entré en école d'architecture, il s'est avéré que cette courte expérience et le BTCA m'ont donné une longueur d'avance sur les autres étudiants. Je dirais que j'ai pu ressentir cet écart jusqu'en fin de deuxième année.

Durant ma licence à l'ENSA, j'ai dû effectuer un stage en agence et un sur chantier. Gros flou sur mes envies ou ambitions, deux mois de  stage étant bien trop courts pour prendre cette expérience au sérieux, j'ai fait un peu un stage en dernière minute et encore une fois je n'ai pu faire que des maquettes étant donné que notre formation de l'époque nous formait trop peu en informatique.

Suite à mon M1 en Erasmus en Espagne où j'ai personnellement beaucoup changé et mûri et par crainte de rentrer directement en France sans avoir quasiment été actif sur le plan architectural durant un an, j'avais besoin d'une forte dose de travail et d'inspiration avant de pouvoir me lancer dans ce fameux PFE (Projet de Fin d'Etudes). J'ai donc effectué mon stage de Master à l'étranger pour quatre mois dans une agence internationale et ceci a été très bénéfique.

Retour en France, à l'ENSA, PFE bouclé. Comme pour beaucoup le mot "enfin" correspond bien. Mais suite au diplôme, grand vide et sans claire vision professionnelle, ni réelle connaissance de ce à quoi sert la HMO, j'ai préféré tourné le dos au marché et me lancer dans le master recherche ASPU, qui a été plus qu'enrichissant sur de multiples points, notamment grâce à la collaboration avec des paysagistes, sociologues, chercheurs et géographes. Dans ce cadre j'ai pu effectuer un dernier stage de six mois à Paris dans une petite agence en lien à mes sujets de recherche. Officiellement les stages auraient du s'en tenir là, mais j'ai eu l'idée de partir à l'étranger, de m'expatrier. J'ai donc effectué un an et demi en tant que "Trainee Architect" dans une agence internationale d'architecture et d'urbanisme aux Pays-Bas, ce qui n'est ni un stage, ni un job, mais disons une première expérience professionnelle, que certains appellent stage et d'autre job.

Enfin cette année j'ai pu devenir "Junior Architect", au sein d'une jeune et intéressante agence de paysage. C'était un vrai job durant 6 mois, mais payé à peine plus qu'un "Trainee Architect" étant donné que ce n'était pas mon domaine de formation. Je dirais que la distinction entre stage et emploi est globalement bien trop floue et cela au bénéfice des employeurs principalement.

Pour conclure, un parcours sans gap ou break majeur que des fois je regrette un peu et aux yeux de la famille un diplôme effectué "dans les temps". J'ai désormais 26 ans, installé aux Pays-Bas et à la recherche de nouvelles collaborations liées à l'architecture et surtout à toutes ces hybridations.

Pour commencer un point sur mes stages donc:

Mon 1er, un stage en médiation culturelle au Musée des Arts décoratifs de Bordeaux en 2010. Missions:

- Elaboration de livrets pédagogiques et conduite de visites destinées aux scolaires et aux enfants.

- Conception dʼun événement pour la nuit des musées 2010 « Arts décoratifs, littérature et costumes ».

 

Le 2ème, un stage en Agence d'architecture - Laurent Gouyou Beauchamps à Bordeaux en 2012. Missions liées à :

- Conception dʼaménagements dʼespaces publics - Castelsarrasin (82)

- Participation à l’élaboration de la charte de mobilier urbain - Libourne (33).

- Conception d’outils de communication (cartographies, plans et coupes, dessin et montages photographiques) dans le cadre des aménagements urbains.

 

Stage et CDD au PACT HD Gironde en tant qu'assistant d'études et d'opérations sur Bordeaux en 2014: Missions liées à :

- Réponses aux appels dʼoffres, rédaction des phases de diagnostics urbains et des comptes rendus, participation à divers comités de pilotage et réunions publiques.

- Repérages sur sites de bâtiments dégradés, enquêtes sur sites auprès d’habitants.

- Conception d’outils de communication (cartographies, montages photographiques, dépliants, logos, présentations Power Point, rapports dʼanalyse, etc) dans le cadre des études urbaines et sociales.

- Études concernées : étude de revitalisation urbaine de la bastide de Sainte Foy La Grande (33), enquête relogement dans le cadre d’une opération de démolition/réhabilitation sur la commune de Libourne (33), étude pré-opérationnelle d’OPAH « Copropriétés en difficulté » sur les communes de Mérignac et Pessac (33).

 

Et pour finir, mon stage en tant que chef de projet "junior" au Vietnam dans la Province de Lao Cai en 2015:

- Réalisation du plan d'urbanisme de la ville de Bac Ha, élaboration du développement économique, touristique et urbain.

- Traduction du projet par des documents type PADD, règlement d’urbanisme, prescriptions architecturales et paysagères, gestion écotouristique et réseaux.

- Conception d’outils de communication pour la gestion écotouristique.

Par quel simple mot résumerais-tu ton parcours de stage ?

Adaptation.

Reflet. Reflet de qui je suis et surtout de mon évolution personnelle au cours des années en parallèle de "l'architecture".

Un mot: éclectique ! J'ai fait des stages dans la médiation culturelle, en architecture, dans les études urbaines et sociales en lien avec l'habitat puis le plus important dans la réalisation d'un projet d'urbanisme.

Pourquoi t'être lancé(e) dans ces stages ? Tes choix de stages, tu les as anticipés ou pas, tu as saisi ta chance au fil des opportunités ?

J’ai toujours été sensible à l’univers du jardin, en troisième, j’ai eu la chance de pouvoir réaliser un stage découverte au Service Espaces Verts de Brest.

J’ai rencontré des gens passionnés par leurs métiers et disponibles.

Ce premier stage a été une révélation pour moi et j’ai ainsi souhaité continuer dans ce domaine. Par la suite j’ai réalisé de nombreux stages en France et à l’étranger, c’était l’occasion pour moi de me perfectionner et développer mon réseau.

Les premiers stages ont été effectués à la demande des écoles. En Master ou post diplôme, j'ai effectué ces stages-jobs, par motivations personnelles, besoin de réalité professionnelle. 

Les expériences les plus récentes reflètent la situation d'expatrié et les effets de la crise.

Tous mes stages ont été le fruit d'opportunités. Par exemple pour le stage en architecture, une collègue était en train de finir le sien dans la même agence et j'ai pris le relais grâce à elle finalement. Le stage dans l'habitat m'est tombé dessus après avoir échangé avec un ancien étudiant du même institut d'urbanisme qui m'a fait part de son départ de la structure où il était et donc du fait qu'ils allaient recruter un stagiaire. Enfin pour le plus important, celui réalisé au Vietnam, je savais que l'institut était inscrit dans une coopération décentralisée par la région Aquitaine avec le nord du Vietnam et qu'ils envoyaient 2 ou 3 étudiants chaque année pour la réalisation d'un projet long d'urbanisme dans plusieurs villes au bord du pays. J'avais fait part de ma motivation un an à l'avance auprès du directeur de l'institut et j'ai pu être choisi pour partir vivre cette aventure! Le stage que j'ai finalement anticipé était celui du Vietnam car je savais que je voulais a tout prix réaliser un stage à l'étranger avant la fin de mes études..

A quelles missions as-tu été confronté(e) ? A quel degré as-tu été impliqué(e) dans tes missions en tant que stagiaire ?

Le stage est le meilleur moyen pour se confronter au monde du travail. Il faut savoir s’adapter rapidement car les équipes n’ont pas forcément le temps de s’occuper de tous les stagiaires. Mes stages ont été très formateurs car je suis devenue plus autonome.

Il faut savoir faire ses preuves pour que les entreprises nous confient des responsabilités. Ce n’est pas toujours évident d’être à la hauteur de leurs demandes. Certains maîtres de stage m’ont donnée de vraies responsabilités et j’ai pu ainsi découvrir des nouvelles facettes du métier de paysagiste.

Selon les agences et leurs tailles, le degré d'intégration variait. Mais en général un stagiaire post-licence peut faire le même boulot que d'autres employés, niveaux horaires, propositions d'idées et qualité des productions. Tout dépend de l'état d'esprit de l'agence et du "project leader". Dans mon cas je me suis toujours senti bien intégré et considéré. Les seules différences sont les responsabilités à assumer et en tant qu'expat' le rapport au client qui est minime.

J'ai graduellement été de plus en plus impliqué de stage en stage dans les missions qui m'étaient confiées. Le stage dans l'habitat m'a demandé de participer activement à une OPAH et mon investissement a fait que j'ai été embauché en CDD pour poursuivre cette mission après la fin du stage. Le stage au Vietnam était le plus enrichissant car j'étais considéré comme chef de projet et non plus stagiaire puisque j'avais la charge avec mon équipe de la réalisation du plan d'urbanisme de la ville de Bac Ha au nord du pays durant 6 mois en immersion totale avec les ethnies.

Parmi tes stages, lequel t'a été le plus prolifique et pourquoi ?

Mon dernier stage chez l’Art du Jardin a été mon meilleur souvenir puisque j’ai pu travailler dans l’événementiel, un domaine qui m’a toujours attirée. J’ai participé à la conception des supports de communication, des jardins pour les marques exposantes...

 

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Le stage le plus prolifique est celui réalisé au Vietnam comme j'ai pu le dire précédemment car c'est celui qui m'a ouvert à d'autres manières de penser la ville, d'autres urbanités, d'autres sociabilités... Et puis ces autres modes de pensées m'ont permis de mieux de former en tant qu'urbaniste et d'asseoir une posture qui m'est propre vis à vis de ce métier.

Cette posture est celle qui me permet de considérer ce métier dans l'échange, dans le transfert de compétences, et dans le compromis pour satisfaire au plus grand nombre. Urbaniste n'est pas un métier de technicien puisque produire le changement ce n'est pas juste changer la ville mais se changer nous.

On t'a suivi(e), supervisé(e) lors de tes stages ? (je veux dire, ton maître de stage, mais également l'équipe pédagogique de ton école)

Pour les deux stages j'ai travaillé en autonomie, mais j'ai cependant été très suivi que ce soit par mes maîtres de stage mais également par les équipes avec lesquelles j'ai été amené à travailler. Lorsque j'avais des questions ou besoin de conseils ils n'hésitaient pas à m'épauler.

Concernant l'équipe pédagogique à l'université, même chose

L'école ne fait que signer les conventions sans vraiment "double check" des conditions je pense. Mes stages ont quasi tous été effectués bénévolement. Les divers maîtres de stage étaient disponibles si nécessaire en cas de problème ou pour l'écriture du rapport de stage. Bien trop peu de réelle conversation concernant le fond du métier sur le terrain. Les rapports de stages sont souvent vus comme un boulet inutile à produire pour avoir une note. Une note que personne ne vous redemandera jamais, tout comme le PFE. Il serait intéressant d'effectuer une journée de dialogue-brainstorm afin de partager l'expérience de chacun de la promo concernant son stage. Comprendre ce que chacun a pu expérimenter, tant positif que négatif pour construire ensemble une figure générale du métier avec toutes les hybridations possibles de la profession.

Lors de mes stages j'ai été supervisé par le maître de stage uniquement et non par le personnel de l'école.

En agence d'architecture par l'architecte et au PACT par la responsable du service études.

Par contre pour mon expérience au Vietnam j'ai été supervisé en plus du maître de stage par le directeur de l'institut d'urbanisme qui a pris part à cette mission de coopération décentralisée entre la région Aquitaine et la province du Vietnam, coopération établie depuis 19 ans maintenant. Nous étions également supervisés par un architecte parisien. Les deux venaient nous rendre visite tous les 2 mois afin de valider l'avancée du travail. Nous étions en quelques sorte les chefs de projets "juniors" et eux les chefs de projets "seniors".

  • Trois enseignements que tu as tirés de tes stages ?

Se faire confiance même quand les situations sont délicates. Parmi d'autres exemples, je devais gérer une journée de conférences et au dernier moment certains speakers ont annulé leur présence. Il a fallu contacter chaque speaker et réorganiser tout le planning tout en continuant à asser les Powerpoint des intervenants.

Toujours oser, c’est comme cela que l’on avance dans la vie.

Ne pas avoir peur de poser des questions, certains maîtres de stage l’oublient mais les stages sont des périodes d’initiation !

Disons que ces stages m’ont surtout averti sur les méandres du métier et confirmé que l’architecture est une discipline très riche offrant une variété inouïe de pratiques où chacun peut amplement s’y épanouir. Je suis plus que satisfait d’avoir entrepris ce long parcours.

J’ai au fur et à mesure pu formuler un état d’esprit :

Toujours être partant pour d’intenses collaborations. Rester curieux pour nourrir un regard multidisciplinaire qui est essentiel. Et surtout ne pas sous-estimer le côté business et stratégique de la profession, car c’est un métier et non pas qu’une passion.

Pour les futurs stagiaires, soyez en mesure de comprendre les autres et d’avoir un regard ouvert sur les différentes disciplines. On oublie trop souvent que l’architecte tout seul ne vaut rien. Les stages sont de belles opportunités pour s’intégrer au sein d’agences qui font "rêver" lors des études, ce qui est bien sachant que ces agences sont peu accessibles lors d’une recherche d’emploi, mais attention, la taille ou la réputation ne font pas toujours le bonheur. Il faut anticiper ce que chaque collaboration pourra apporter ou non à ses objectifs et ambitions professionnelles/personnelles sur le long terme. Et dans certains cas refuser des opportunités ou pouvoir dire stop si cela n’entre pas dans le parcours que l’on ambitionne.

J'ai tiré beaucoup d'enseignements car les stages permettent d'être confrontés à la réalité du métier au-delà des cours théoriques et des ateliers pratiques qui restent souvent écartés des problématiques économiques et financières lorsque l'on fait un projet. Au PACT j'ai pu développer un sens de l'adaptabilité en fonction des différents acteurs auxquels un bureau d'études peut être confronté. C'est le premier enseignement tiré donc l'adaptation. Elle se retrouve aussi dans mon expérience au Viêt-nam je dirais plus dans le sens de l'adaptation aux différents milieux urbains et différentes cultures avec lesquelles il faut conjuguer. Le deuxième enseignement serait l'autonomie car on est dans la situation du professionnel qui exécute sa mission et non l'étudiant. Et le dernier enseignement la responsabilité qui nous incombe lorsque l'on realise des etudes pour le compte du maître d'ouvrage ou lorsque l'on établi un plan d'urbanisme pour la ville.

Tes perspectives d'avenir, d'évolution après ces stages ?

Après mon Master 2, jardins historiques patrimoine et paysage à l’ENSA V (Ecole Supérieure d’Architecture de Versailles), j’ai été embauchée à L’Art du Jardin en tant que chef de projet, malheureusement l’événement qui devait avoir lieu en mai 2015 a été annulé deux mois avant. Je suis actuellement à la recherche d’un emploi dans le secteur du jardin.

Grâce à mon dernier stage, j’ai découvert la scénographie végétale, c’est un domaine qui m’attire énormément et c’est une autre manière de travailler le végétal.

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Ma curiosité m’a toujours porté vers des disciplines connexes, principalement l’urbanisme et le paysage notamment lors de mon année en Master ASPU. Mon stage chez EMBT et SMA et les workshops EASA ont été de réels boosters à ce niveau là. Revenir à l’école après ces expériences semblait ennuyeux.

En plus de cela, les réalités du marché actuel pousse à s’orienter vers des disciplines connexes telles que le management, la relation client, le consulting, le marketing, l’immobilier, les marques de luxe, etc... Nombreuses sont les réorientations possibles vers d’autres milieux où être architecte est souvent vu comme un atout et beaucoup mieux valorisé ! Donc oui totalement, pour 2016 je suis plus que tenté, me reste à trouver l'opportunité !

Mes perspectives d'évolutions sont je pense différentes de la plupart de mes collègues qui ont tous fait leur stage de fin de fin d'études en France ce qui leur a permis de constituer un réseau solide pour enchaîner sur la vie professionnelle. J'ai fait un choix différent pour m'enrichir en tant qu'urbaniste des cultures et milieux urbains qui sont si variés et desquels nous apprenons énormément. De ce fait je dirai que mes perspectives professionnelles sont bien plus ouvertes grâce à cette expérience, je suis prêt à travailler en France comme à l'étranger et je souhaite surtout avoir un travail ou je me sente utile, c'était le cas au Vietnam ou il y a eu un réel transfert de compétences. Alors si je ne trouve pas ce travail en France eh bien cela sera ailleurs.

Mon dernier stage m'a permis de m'ouvrir à la dimension touristique des projets d'urbanisme, dimension  à laquelle je ne songeais pas avant. Et avec cela tout ce qui peut toucher à la communication urbaine, ce qui peut permettre de valoriser les projets, les rendre accessibles peut-être au plus grand nombre afin aussi de leur permettre part à la construction du projet qui va les concerner. Car produire le changement ce n'est pas juste changer la ville, mais se changer nous! Il est nécessaire de se mettre dans les temps de vie des gens. Ces champs sont donc celui du tourisme et de tout ce qui concerne la gestion urbaine de proximité et la dimension participative dans la construction des projets.

Imaginons, voire rêvons un peu... Dans l'idéal... Quelles sont les missions ou les organisations pour lesquelles tu rêverais de t'investir ?

J’ai concouru avec trois autres paysagistes au Festival Chaumont-sur-Loire 2016, j’espère que notre projet sera retenu, croisons les doigts ! Je rêverais de concevoir des décors éphémères pour des défilés, des publicités et des films !

 

(depuis notre entretien réalisé à l'automne, l'équipe de paysagistes d'Aude a été sélectionnée pour leur projet "Le Jardin du Dernier Acte", vous pouvez d'ailleurs suivre leurs aventures sur leur page facebook ! Bravo à eux !)

La réalité de nos professions me fait de moins en moins rêver pour tout dire. Le rêve avait sa place en école, sans doute un peu trop.

J’ai pas forcement d’idéal formulé à l’instant présent, je trace ma route selon les opportunités qui s’annoncent.

Travailler dans un environnement jeune, pluridisciplinaire et innovant sont mes critères de recherches pour l’instant.

Mais ce que je sais c’est que j'aimerais offrir un retour fort à un réseau d’étudiants appelé EASA (European Architecture Student Assembly) dans lequel je suis investi depuis cinq ans. Rassemblant chaque été près de 500 étudiants internationaux, cette plate-forme m’a beaucoup apporté sur le plan personnel et à ce jour professionnel par la construction d’un solide réseau. Avant de passer la main, l'organisation d'une assemblée en France me semble être une très belle opportunité pour cela. Impliquant plus de 9 mois de travail et de dévouement, peut être que 2016 sera l’année pour débuter cela !

L'idéal pour moi serait de combiner ma formation en urbanisme à ma sensibilité artistique éprouvée dans le théâtre, le graphisme et la communication visuelle. Dresser des passerelles entre tout cela. Peut-être travailler pour les musées, des expositions qui traitent de la ville et de ses changements, des différentes manières d'habiter dans le monde. Bref, je dirais apporter une dimension sensible et poétique a ce métier.

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